L'exposition pendant le trajet est bien caractérisée dans la littérature et elle n'est pas petite. Un conducteur dans la circulation en accordéon respire un air de cabine qui accumule du NO2, des particules ultrafines et des hydrocarbures aromatiques polycycliques des tuyaux d'échappement des véhicules à quelques mètres devant ; les travaux de Harvard sur les trajets ont documenté des ratios pointe-à-base de 5 à 10 fois pour ces polluants comparés à l'environnement intérieur de la même personne à la maison. Les usagers du transport en commun respirent un mélange différent : pathogènes aéroportés et PM pilotées par la foule, avec les gaz d'échappement diesel contribuant sur les trajets en autobus. Les cyclistes tirent de profondes poumonées d'air échappé des cabines à côté des tuyaux d'échappement exactement au moment où leur rythme respiratoire est doublé par l'effort, ce qui est le pire facteur d'échelle possible pour la dose.
Un capteur intérieur fixe ne peut rien lire de tout cela, par physique. Le module Terrestream vit à une adresse ; le SEN66 mesure l'air à l'emplacement du capteur et nulle part ailleurs. Envoyer l'appareil en trajet n'est pas non plus une solution : le ventilateur d'admission PM et les capteurs de gaz ne sont pas étanches aux intempéries, le module est étalonné pour des conditions intérieures, et le retour wifi disparaît dès que vous quittez la maison. La réponse honnête est que la mesure d'exposition personnelle est une catégorie d'instrument différente. Les consignes sur l'air extérieur de l'OMS existent précisément parce que l'exposition extérieure a sa propre infrastructure de surveillance.
Ce qui fonctionne pour l'exposition pendant le trajet : moniteurs d'exposition personnelle portatifs (Atmotube Pro, unités portatives AirVisual, Plume Labs Flow) qui sont alimentés par batterie, tolérants aux intempéries et appariés par Bluetooth à un téléphone. Les approximations par application téléphonique fonctionnent aussi : tirez la lecture de la station de référence EPA AirNow ou NAAQS la plus proche, multipliez par le temps que vous passez dehors ou dans la circulation, et ajustez vers le haut de 2 à 5 fois si le trajet est dans une circulation en accordéon. L'arithmétique est grossière mais l'ordre de grandeur est juste, ce qui est plus qu'assez pour éclairer des décisions comme « est-ce une bonne idée de pédaler sur ce corridor cette semaine » ou « devrais-je éviter de courir dehors durant l'heure de pointe de l'après-midi ».
Ce avec quoi Terrestream aide : caractériser l'environnement intérieur où vous passez le reste de votre journée. Pour la plupart des gens, c'est 16 heures à la maison et 8 heures au travail, ce qui est 80 % de l'exposition en veille une fois le sommeil soustrait. Optimiser la partie de l'exposition que l'appareil peut mesurer est rationnel même si le trajet demeure un angle mort. Le tableau de bord est aussi utile comme point d'ancrage de comparaison : quand la lecture PM2,5 intérieure est de 4 µg/m³ et que la station AirNow lit 18 µg/m³, ça vous donne une idée du gradient que vous traversez chaque matin. Voir flux d'air extérieur pour comment le tableau de bord tire les données extérieures de référence, dose et exposition pondérée dans le temps pour le cadre qui lie trajet et exposition intérieure, et exactitude et confiance pour ce à quoi la lecture intérieure se généralise et ne se généralise pas.
Il s'agit de conseils généraux, non d'un substitut à une évaluation professionnelle de votre habitation particulière. Les interventions majeures (refonte du CVCA, étanchéité d'une enveloppe perméable, remédiation des moisissures, travaux électriques pour ventilateurs ou évents) doivent être réalisées par un professionnel certifié. Pour les problèmes chroniques qui ne répondent pas aux étapes décrites ici, voir quand appeler un professionnel.
Références
- OMS - Qualité de l'air ambiant (extérieur) et santé www.who.int
- Harvard T.H. Chan - Navettage et pollution de l'air www.hsph.harvard.edu
- EPA - Tableau des NAAQS www.epa.gov
- AirNow - Les bases de l'AQI www.airnow.gov