Un corpus de recherche grandissant relie les expositions à la qualité de l'air à des effets qui débordent la littérature respiratoire et cardiovasculaire. Une revue systématique et méta-analyse de 2019 a associé l'exposition à long terme aux particules fines (PM2,5) à un risque plus élevé de dépression, avec des données plus limitées pour l'anxiété, et les hausses à court terme des PM10 au suicide; les auteurs réclament de meilleures études pour vérifier si ces liens sont causaux. De multiples études de cohorte relient aussi la pollution atmosphérique liée au trafic à l'incidence de la démence chez les personnes âgées. Les mécanismes sont encore en cours de cartographie (inflammation systémique, stress oxydatif, possiblement exposition directe du cerveau aux ultrafines par la voie olfactive).
Le résultat intérieur le plus reproduit porte sur la performance cognitive vs CO2. L'étude Harvard COGfx d'Allen 2016 a testé des travailleurs de bureau dans des chambres à 550, 945 et 1 400 ppm de CO2. Les scores de fonction cognitive ont chuté de 15 % à 945 ppm et de 50 % à 1 400 ppm comparé à la référence, à travers neuf domaines cognitifs. L'étude LBNL de Satish 2012 a trouvé des effets similaires. Ce ne sont pas des artéfacts de laboratoire ; ils apparaissent à travers plusieurs groupes de recherche.
Ce que cela signifie pour le tableau de bord : un CO2 intérieur chronique supérieur à 1 000 ppm ne se résume pas à une impression d'air « étouffant ». Un bureau à domicile qui reste à 1 200 ppm pendant la journée mérite un examen de la ventilation parallèlement aux recherches cognitives présentées ici. Santé Canada utilise 1 000 ppm comme valeur guide résidentielle sur 24 heures ; ASHRAE 62.1 fixe des débits de ventilation commerciaux et n'en fait pas une limite intérieure universelle. Maintenir un faible CO2 dans une pièce occupée reste un objectif pratique de ventilation, et non un diagnostic ou un seuil sanitaire net.
Une note de prudence. La littérature santé mentale sur l'air intérieur est plus jeune que la littérature respiratoire ; les associations sont robustes mais les mécanismes ne sont pas entièrement cernés, et la causalité vs la confusion est encore débattue pour certains résultats. Le tableau de bord ne devrait pas servir à diagnostiquer les troubles de l'humeur ni le déclin cognitif ; c'est du territoire médical. Ce que le tableau de bord peut faire est retirer une grande source de variance (le CO2 chroniquement étouffant) de l'environnement d'une personne, pour que tout ce qui s'y passe par ailleurs puisse être caractérisé plus proprement.
Il s'agit d'information environnementale, et non d'un avis médical. Les lectures du tableau de bord vous aident à prendre des décisions concernant l'air de votre espace. Elles ne diagnostiquent pas les conditions, n'interprètent pas les symptômes et ne remplacent pas les conversations avec votre médecin. Si les symptômes persistent, s'aggravent ou coïncident avec une exposition connue, parlez-en à un professionnel de la santé. Voir ce que couvrent les conseils de Terrestream.
Références
- Allen et coll. - Étude COGfx sur ventilation et cognition doi.org
- Satish et coll. - CO₂ et performance décisionnelle doi.org
- OMS - Qualité de l'air ambiant (extérieur) et santé www.who.int
- Landrigan et coll. - Commission Lancet sur la pollution et la santé doi.org
- Braithwaite et coll. - Particules fines et risque de dépression, d'anxiété et de suicide (méta-analyse) doi.org