Demander « est-ce mauvais ? » à propos d'une lecture de qualité de l'air est incomplet sans préciser la fenêtre de temps. La même PM2,5 à 20 µg/m³ est un non-événement sur 5 minutes, une soirée intérieure notable sur 8 heures, et une exposition long terme significative sur un an. La couche d'interprétation garde la trace de quelle échelle de temps domine chaque paramètre.
Phénomènes aigus, à l'échelle des minutes : pics de PM2,5 et PM10 dus à la cuisson, aux bougies, à l'aspirateur ; bouffées d'indice COV dues aux vaporisateurs nettoyants ; montées NOₓ d'un brûleur au gaz. Ces phénomènes apparaissent et décroissent en une heure après l'arrêt de la source. Ils importent surtout pour les occupants symptomatiques et pour démarrer le chronomètre de récupération.
Phénomènes à l'échelle des heures : accumulation de CO2 dans les pièces occupées ; montée d'humidité après les douches ; élévation soutenue de COV après nettoyage ou avec dégazage chronique. Ces phénomènes vivent à l'échelle d'une journée occupée et sont le domaine principal de l'ingénierie de ventilation.
Jours à saisons : croissance de moisissure (exige 24 heures de HR > 60 % sur une surface) ; saisons polliniques (semaines par espèce, voir espèces de pollen) ; événements de fumée de feux (jours à semaines par événement) ; motifs saisonniers (sécheresse hivernale, humidité estivale, voir changements saisonniers). Années : exposition cumulative à long terme aux PM2,5 et NO2, qui domine la littérature santé-mortalité. L'IA applique la bonne interprétation en sachant sur quelle horloge tourne le paramètre.
Références
- OMS - Lignes directrices mondiales sur la qualité de l'air (2021) www.who.int
- EPA - Effets des PM sur la santé et l'environnement www.epa.gov
- EPA - AirNow : les bases de l'AQI www.airnow.gov
- Lancet - Charge mondiale de morbidité (PM2,5) doi.org